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:: Le Désespoir humain sculpté par Jean-Joseph Perraud ::
Le Désespoir
Le Désespoir d'après Jean-Jacques Perraud

LE DESESPOIR

Jean-Joseph PERRAUD, né dans le Jura en 1819, fait d’abord un apprentissage d’ébéniste avant d’entrer à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon puis à celle de Paris. Il reçoit le grand prix de Rome en 1847. Il fréquente un moment la Villa Médicis. Jusqu’à sa mort en 1876 il sculpte et expose ses statues parmi lesquelles une des plus célèbres « Le Désespoir ». Ses œuvres s’inspirent à la fois du  classicisme et du romantisme.

La sculpture « le Désespoir » a d’abord été réalisée en plâtre en 1861 puis en marbre et présentée au Salon en 1869. Elle mesure 68 cm x 108 cm x 118 cm. Elle est exposée au Musée d’Orsay depuis  1986.

Le premier souci du sculpteur est de reproduire son modèle le plus exactement possible. C’est ce que fait l’enfant qui, maladroitement encore, pétrit le sable sur la plage, la pâte à modeler à l’école, puis le jeune sculpteur qui copie le plus exactement possible l’objet ou l’être présenté par le maître. Ceci exige de nombreuses qualités comme l’observation, l’attention, l’adresse, la finesse du toucher qui ne s’obtiennent souvent qu’après de longues années d’expérience.

Mais la sculpture ne se réduit pas à une copie. La sculpture est un art au même titre que la peinture, la musique, l’écriture à la différence que le sculpteur n’a ni les couleurs, ni les notes, ni les mots pour rendre sa pensée et exprimer les sentiments.

Pour cela il lui faut  une qualité qu’acquièrent quelques artistes particulièrement doués : c’est l’art d’exprimer les sentiments, les pensées des êtres que l’on représente et cela uniquement par les formes, les attitudes, l’expression du visage, des yeux, le port de la tête, la place des mains, la crispation ou le relâchement des muscles, enfin tout ce qui traduit par le physique les sentiments profonds.

Jean-Joseph Perraud excelle dans cette compétence. Dans l’œuvre Le Désespoir, il veut montrer un homme qui perd l’espoir. Celui-ci est nu, assis à terre. Son dos se voûte. Sa tête aux traits fins et à la chevelure bouclée se penche pensivement. Ses mains se joignent.

Sans mots, simplement par la perfection de son style, Jean-Joseph Perraud  nous fait connaître  l’invisible, les sentiments qui animent les êtres qu’il sculpte, avec une extrême sensibilité pour comprendre les pensées intimes et une maîtrise parfaite de la sculpture pour les représenter.

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